1er octobre 2026
Guerre tarifaire : l’innovation est notre meilleure arme
Marie-Pierre Ippersiel, PDG de PRIMA Québec et Dominique St-Louis, DG de Prompt*
Les autobus de campagne électorale sillonnent présentement les quatre coins du Québec pour séduire les Québécois. Parallèlement, nos entreprises manufacturières et exportatrices doivent conjuguer avec incertitude, hausse de coûts, marges compressées et perte de compétitivité depuis l’arrivée de l’administration Trump. Le Québec tente depuis plusieurs mois de mitiger les impacts de la guerre tarifaire avec nos voisins du Sud. Un réflexe naturel des entreprises est de reporter des investissements créant de la valeur. Du côté des gouvernements, ils déploient des programmes qui mobilisent des milliards de dollars d’argent public et tentent de préserver notre tissu industriel. Ces mesures devraient mettre davantage à profit l’innovation, laquelle crée la véritable richesse collective. Autrement dit, pour contrecarrer les impacts négatifs de cette guerre tarifaire, il faut innover.
Les entreprises qui innovent traversent mieux les crises
Nos politiciens, nos acteurs économiques, nos chercheurs, tous parlent d’innovation, mais ces derniers peinent parfois à vulgariser ce qu’elle représente dans notre économie. L’innovation permet de réduire les coûts, de diversifier les marchés, de créer de nouveaux produits et développer de la propriété intellectuelle. C’est un investissement stratégique dans la compétitivité et la souveraineté économique du Québec.
Un défi majeur pour le Québec : commercialiser nos innovations
Pour faire du Québec un leader en innovation, il doit adopter une approche qui fait passer la recherche (l’idée) vers le marché (le produit). Miser sur un écosystème qui accompagne les projets d’innovation industrielle qui émergent directement des besoins des entreprises devrait être plus largement reconnu et soutenu par les décideurs publics.
Guider l’idée vers le marché, c’est maximiser les retombées de l’innovation
Le Québec et le Canada comptent parmi les meneurs mondiaux en recherche, mais traînent en queue de peloton quand vient le temps de la commercialiser. Les raisons ? Les applications issues de la recherche fondamentale nécessitent à juste titre des cycles plus longs, alors que le cycle d’innovation industrielle est plus court. Autrement dit, les entreprises doivent livrer rapidement, respecter un budget, répondre à des clients et minimiser leur risque. Elles nécessitent des partenaires capables de faire le pont entre ces deux rythmes et les accompagner de l’idée jusqu’au marché. Ces partenaires, ce sont les Regroupements sectoriels de recherche industrielle (RSRI). Réels ponts entre les entreprises, les bailleurs de fonds et le milieu académique, les RSRI offrent aux entreprises une expertise de pointe dans 9 secteurs industriels qu’elles auraient difficilement les moyens de développer seules. Les résultats parlent : plus de 75% des projets menés à terme par les RSRI ont été commercialisés. Les entreprises qui bénéficient de nos services développent de nouveaux marchés, créent de nouveaux partenariats, maintiennent et créent des emplois, signent de nouveaux contrats et augmentent leurs revenus. Les RSRI sont clairement des leviers permettant aux entreprises d’investir en innovation, tout en favorisant aussi la levée de nouveaux capitaux.
Les RSRI : une arme pour augmenter la productivité et la prospérité du Québec
Les RSRI invitent les décideurs publics, présents et futurs, à faire de la guerre tarifaire actuelle un accélérateur et non un frein à l’innovation. Dans un contexte où chaque dollar public doit démontrer son rendement, les RSRI ont fait leurs preuves auprès de milliers d’entreprises au cours des 20 dernières années. Pour accompagner les entreprises et accroître le dynamisme économique du Québec, les RSRI souhaitent propulser davantage des projets d’innovation industrielle. La guerre tarifaire ne nous laisse pas le choix : innover ou reculer. Faisons le choix de soutenir la recherche industrielle, d’accompagner nos entreprises innovantes et de nous enrichir collectivement. Propulser des projets d’innovation par et pour nos entreprises, c’est stimuler une prise de risques contrôlée, mais nécessaire, pour que le Québec puisse occuper pleinement la place qui lui revient dans l’économie mondiale.
*Signataires :
- Marie-Pierre Ippersiel, PDG de PRIMA Québec
- Dominique St-Louis, DG de Prompt
- Geneviève Mathieu, PDG du CRIBIQ
- Véronique Dugas, PDG du CQDM
- Guillaume Côté, PDG du CRIAQ
- Annie-Kim Gilbert, PDG de MEDTEQ+
- Marilyne Simard, PDG du CQRDA
- Thierry St-Cyr, PDG d’InnovÉÉ
- Jean-François Pouliot, DG du CRITM