🎤 Écoutez le segment complet du balado sur Mon Carnet par Bruno Guglielminetti
Émilie Delvoye, directrice des communications chez Prompt invite Julien Audet Gagnon de l’entreprise Unico revêtement métallique, à parler de gestion personnalisée de la production dans le domaine du revêtement métallique.
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Émilie : Aujourd’hui, je reçois Julien Audet-Gagnon, président directeur général chez Unico, une entreprise québécoise spécialisée dans les projets de revêteent métallique. Bonjour Julien.
Julien Audet-Gagnon : Bonjour. Merci à tous de prendre un peu de temps pour nous écouter.
Émilie : Ça fait plaisir. Alors aujourd’hui, tu vas nous parler d’un projet de développement d’un outil pour la gestion optimisée et personnalisée de la production que vous avez mis en place avec le soutien de Prompt.
Julien Audet-Gagnon : Oui, absolument.
Émilie : Est-ce que tu veux nous parler un petit peu de ce qui a permis de déclencher ce projet-là?
Julien Audet-Gagnon : Oui, effectivement. Unico se spécialise dans la transformation de métal en feuille pour des applications de revêtement extérieur, pour tout type de bâtiment. Nous sommes beaucoup dans le sur-mesure. La gestion d’une production est relativement complexe dans le sens où nous avons beaucoup d’équipements, c’est beaucoup pour du dernière minute et il y a beaucoup de changements au courant de la production. Ce n’est jamais assez vite au niveau de la livraison. La réalité de la construction étant ce qu’elle est, il faut être capable de se revirer de bord assez rapidement. Les outils de gestion de production deviennent donc des enjeux majeurs, surtout dans une croissance où que nous ne pouvons plus détenir les informations dans un seul cerveau. Nous avions un outil MRP en place que nous avions développé pour nos besoins, qui venait un petit peu au bout de ses peines pour le besoin de l’entreprise grandissante. Nous avions réfléchi à différentes pistes de solution pour implanter un autre système, puis nous sommes allés un peu dans un chemin un petit peu hors standard, c’est à dire que nous avons décidé de prendre une base de système ERP puis de monter complètement « from scratch », le système, pour qu’il soit vraiment adapté, très précisément à nos besoins. C’est sûr que c’est un chemin un peu hors norme et ça peut coûter cher, mais c’est un bet que nous avons pris, puis nous sommes satisfaits de ce que ça a donné aujourd’hui. Et l’enjeu de cette implantation, c’est qu’il fallait que ça soit fait dans un court délai, qu’il n’y ait pas d’impact autant pour nos clients que pour la production et que nous soyons capable de travailler avec l’ancien système et le nouveau système à en devenir rapidement. C’était ça les défis et ce que nous avons mis en place.
Émilie: Alors, quel est l’impact de ce que vous avez mis en place dans le cadre de ce projet?
Julien Audet-Gagnon : L’impact est autant humain. Nous faisons tout le temps les choses pour des humains, par des humains. L’objectif ultime de tout ça, outre la technologie, c’est d’être capable d’avoir de la qualité, un livrable plus court pour nos clients. Il y a tout le temps un enjeu du service. La main d’oeuvre étant difficile, puis nous savons que la population active dans les prochaines années va réduire, nous voulons que nos employés, dans la mesure du possible, soit le plus confortable et travaille à valeur ajoutée dans les opérations de l’entreprise dans l’usine. C’étaient les deux motivations principales de ce mouvement-là, et effectivement, pour la croissance future de l’entreprise, des données qui sont mal structurées n’aident pas à prendre des bonnes prises de décisions.
Émilie: Si nous prenons un petit pas de recul dans le cadre de ce projet, vous avez travaillé sur la réduction des tâches manuelles. C’est ça?
Julien Audet-Gagnon : Entre autres, mais parfois comme je le dis souvent, le diable est dans les détails. Pour une entreprise manufacturière, tout se passe dans la prévisibilité, dans l’ordonnancement, dans l’organisation du travail et dans la réduction des pas. C’est plus à ce niveau-là que nous avons attaqué. C’est que les ressources travaillent en temps réel sur les bonnes choses : moins de temps de passage entre les étapes de production, moins de projets ouverts et non fermés. Quand nous commençons un projet, nous essayons de le finir et d’être en mesure de savoir aussi où nous en sommes rendus en pourcentage, à savoir si l’a pris trop de temps. Ça nous aide dans nos coûts de revient. Ça nous aide à plusieurs points pour mieux servir le client et que l’employé aussi ne soit pas soumis sous pression. Il y a un an, c’était informatisé quand même, mais chacun décidait de travailler un peu sur le travail de la semaine. Là, nous leur disons exactement, par poste de travail, ce qu’ils ont à faire aujourd’hui. Ils ne peuvent pas décider à la pige de travailler sur un projet qui n’est pas prioritaire. Ça nous permet d’avoir une meilleure communication avec les bureaux aussi. Et nous avons vraiment une étape. Avant, même les chargés de projet pouvaient un peu ordonnancer leur production. Là, ça passe vraiment par un planificateur qui valide toutes les choses et qui anticipent les problématiques, parce qu’il y a rarement un projet qui est pareil. Ça prend de l’expertise et ça prend des gens qui voient plus loin les impacts que cette production peut avoir. Cet outil-là nous permet d’avoir une vue un petit peu plus macro des opérations.
Émilie: Est-ce que vous êtes déjà capable de voir des gains de productivité?
Julien Audet-Gagnon : Absolument, oui. Nous savons que nous pouvons en prendre un peu plus que nous étions capables d’en prendre. Nous nous rendons compte où il y avait des pertes de productivité. Les clients sont bénéficiés aussi parce qu’il y a moins de retards. Avant, nous pouvions répondre « oui » à un client, mais lorsque qu’en surcharge de travail, premièrement nous avons de la difficulté à le savoir, puis nous disons « oui » à un client sans savoir dans deux semaines de quoi aura l’air le pipeline de production. Maintenant, nous sommes plus en mesure de respecter nos paroles. Nous essayions tout le temps de respecter nos paroles quand même, mais parfois, il fallait finir plus tard, il fallait faire de l’overtime pendant que nous avions probablement perdues du temps sur d’autres travaux.
Émilie: Donc nous parlons de gain de productivité, nous parlons de plus de satisfaction de vos employés au travail. Et tu m’as parlé d’un point important lorsque nous nous sommes préparés également. Tu disais que ça avait créé de l’engagement, n’est-ce pas, dans les équipes?
Julien Audet-Gagnon : En étant une équipe jeune, les gens sont un peu plus ouverts à l’implantation de technologies, mais il reste quand même qu’il y a différentes personnalités dans une organisation. Et la gestion du changement est un enjeu qu’on néglige souvent. Cependant, en le faisant de cette façon-là, progressivement et plus doucement, il y a pratiquement juste eu du positif. Ça aurait pu tourner autrement, mais dans notre cas, ça a eu du positif et les gens ont vu rapidement les gains. Ça a créé une certaine mobilisation puis un intérêt de vouloir continuer dans ce sens. Nous avons fait un gros travail dans l’usine, mais il reste le côté administratif à faire. Nous sommes à la phase de tests puis nous devrions livrer les prochaines phases du système ERP. À court terme, nous ne serons plus dépendants de l’ancien système MRP.
Émilie: Excellent. Alors, quelle est ta motivation à innover?
Julien Audet-Gagnon : Je vais être un peu dramatique, mais c’est une question de vie ou de mort quasiment dans une entreprise comme la nôtre, du fait que la population active est en diminution. La compétition est très féroce. L’autre point, c’est que si tu veux grandir et veux implanter des outils, si tu n’as pas des données nettoyées puis des données propres, après ça tu ne peux pas passer à la phase supérieure de ton développement. Nous n’avons pas le choix.
Émilie: Nous ne sommes plus dans le choix, nous sommes dans la nécessité.
Julien Audet-Gagnon : Oui, exactement. Puis nous le savons, nous avons une dette technologique majeure chez bien des entreprises québécoises dans différents domaines. Il faut donc investir beaucoup de ce côté-là. Parfois, ce n’est pas des sommes astronomiques. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire avec des « quick-win » qui nous permettent d’aller chercher des gains. De plus en plus, ça va être démocratisé, donc c’est motivant, mais en même il faut suivre et/ou être devant la parade parce que sinon, tôt ou tard ça va nous rattraper. Moi je vois souvent mon entreprise manufacturière plus comme une entreprise de technologie, qu’une entreprise manufacturière.