🎤 Écoutez le segment complet du balado sur Mon Carnet par Bruno Guglielminetti
Émilie Delvoye, directrice des communications chez Prompt eçoit Yves Bernard de Biopterre et Émilie Dupont de la SADC Kamouraska, pour parler de leur projet collaboratif permettant la valorisation des matières résiduelles.
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Émilie : Aujourd’hui, nous reprenons notre saison de balado en parlant de valorisation de résidus organiques et inorganiques, dans le cadre d’un projet collaboratif. Je reçois aujourd’hui, Yves Bernard, professionnel de recherche pour le CCTT Biopterre, un centre d’innovation et de recherche appliquée spécialisé en développement de bioproduits et biotechnologies et, Émilie Dupont, conseillère en économie circulaire et en économie de la fonctionnalité et de la coopération à la SADC, un organisme de développement du Kamouraska. Bonjour messieurs dames.
Yves Bernard et Émilie Dupont : Bonjour
Émilie : Le projet dont on parle aujourd’hui a été démarré au cours de la dernière année et vise à mettre au point un outil informatique, la Biobase, qui s’appuiera sur des algorithmes de calcul pour définir des propriétés de mélange afin de faciliter la valorisation des matières résiduelles. Comment est-ce que ce projet a démarré? Quel a été le déclencheur?
Yves Bernard : En fait, ce projet est en réflexion chez Biopterre depuis plusieurs années. En même temps, durant ces dernières années-là, il y a eu toute la complexité de la recherche de partenaires, qui soient autant du domaine municipal que du domaine industriel ou qui soient des partenaires complémentaires pour pouvoir mettre en place la Biobase comme outil informatique, mais aussi de pouvoir tenir compte des problématiques de chacune de ces entités, qu’elles soient municipales ou industrielles.
Émilie Dupont : C’est souvent long quand on veut mettre en place ce genre de projet où on a à la fois l’outil, mais l’outil qui soutient une démarche d’entreprise d’organisation. Alors, on va se retrouver à l’espèce de croisée entre enjeux environnementaux, gains économiques, projets d’innovation. Souvent, malheureusement, ce n’est pas les plus faciles à financer et à attacher.
Émilie : On parle d’une période de combien de temps environ?
Yves Bernard : Depuis 2017 que c’est en réflexion. On avait quand même développé des algorithmes et une base de données à l’interne au cours de ces années-là.
Émilie : Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu du besoin à la base de ce projet?
Yves Bernard : Le besoin principal, c’était au niveau de la qualité de l’information sur les caractéristiques des matières. On peut avoir connaissance qu’un générateur génère des matières résiduelles proche de notre entreprise, mais tant qu’on n’a pas les caractéristiques de cette matière-là, c’est difficile de faire des des mélanges, des calculs ou du développement de bioproduits à partir de ces matières. C’est le premier élément déclencheur. Le deuxième élément déclencheur, c’est que dans le domaine de la valorisation des matières résiduelles, il y a un besoin de partager l’information entre les générateurs de ces matières et déchets, et les entreprises qui peuvent les transformer et les conditionner. Par exemple, des sites de compostage ou d’autres utilisateurs. Il faut aussi partager l’information avec les utilisateurs finaux parce qu’il y a aussi des critères de valorisation, donc plusieurs critères dans le domaine de l’environnement.
Émilie : D’où l’intérêt d’avoir rassemblé cinq partenaires dans le cadre de vos projets. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de leurs profils rapidement?
Yves Bernard : Il y a des partenaires municipaux comme la SADC de Kamouraska et la Ville de Trois-Rivières. Il y a aussi des partenaires privés, des entreprises qui font de la transformation, comme les sites d’Épursol en Outaouais ou de Groupe Savard au Saguenay, ainsi que Arseno Balayage qui est une entreprise qui récupère justement les balayeurs de rue dans la région de Trois-Rivières. Il y a aussi des partenaires financiers comme Prompt et le CRSNG au niveau fédéral.
Émilie : Émilie, au niveau de la SADC, quel était le besoin pour embarquer dans ce projet?
Émilie Dupont : Nous, on menait une réflexion en parallèle, c’est-à-dire qu’en intervenant en économie circulaire et, spécifiquement en symbiose industrielle, on essaie de valoriser les extrants des entreprises qui peuvent devenir les intrants des autres entreprises. On voyait que certaines matières étaient relativement facilement valorisables en substitution, donc en un pour un. Et on observait aussi que certaines matières, soient plus complexes ou dans des quantités moindres, étaient vraiment plus difficiles à valoriser en un contre un. Là, on se disait que peut être que si on pouvait faire des mélanges, on créerait vraiment de la valeur et il y aurait vraiment soit des nouveaux produits, soit des nouvelles opportunités qui s’annoncerait.
Émilie : Alors, quelles sont les retombées qui sont attendues dans le cadre de ce projet?
Yves Bernard : On veut la facilité, soit la circularité des matières. On veut que la Biobase soit un outil d’aide à la décision pour faciliter la réflexion et le développement de nouveaux produits, qui va générer de nouvelles activités économiques et des emplois, et qui va en même temps réduire l’impact environnemental qui serait lié à une mauvaise gestion des matières résiduelles pour permettre de développer plus de partenariats qui vont générer de l’innovation et du développement de nouveaux produits. Avec, en bout de ligne, une réduction des effets secondaires comme la diminution de l’enfouissement qui représente quand même des coûts, des GES et aussi une meilleure gestion des matières premières.
Émilie Dupont : Évidemment, ça permettra aussi de créer des synergies entre entreprises. En termes de développement régional, ça crée de la valeur, ça permet de valoriser des matières et des ressources.
Émilie : Vous avez travaillé ce projet en collaboration, vous avez déjà parlé de beaucoup d’avantages tangibles, n’est-ce pas? Est-ce qu’il y a d’autres choses que vous aimeriez ajouter en lien avec cet intérêt d’avoir travaillé à plusieurs.
Yves Bernard : En même temps qu’on a développé un partenariat avec des entreprises industrielles ou des sites municipaux, il y a aussi une collaboration avec Productique Québec. Pour pouvoir introduire des notions d’intelligence artificielle, puis des notions aussi d’automatisation et de qualité de l’interface pour avoir une utilisation la plus facile possible pour d’éventuels utilisateurs qui vont être les entreprises qui sont dans le projet, mais qui vont aussi être d’autres entreprises ou d’autres organismes municipaux, gouvernementaux, qui vont pouvoir aussi avoir accès à la base de données à la Biobase.
Émilie : Excellent. Alors, quel est le sens profond pour vous d’innover à travers des projets comme celui ci?
Yves Bernard : Ce qui est absolument important, c’est d’avoir la bonne qualité d’information pour pouvoir innover. Puis, l’innovation ça doit se faire aussi au quotidien, donc d’avoir accès à de l’information, à une banque de données de caractéristiquesm de matières résiduelles. Ça va aider beaucoup l’innovation dans les entreprises, autant dans le domaine environnemental que dans le domaine manufacturier ou autre.
Émilie : Donc, c’est une innovation qui va supporter l’innovation en réalité.
Yves Bernard : Exactement.
Émilie Dupont : C’est sûr que c’est aussi optimiser la gestion des matières pour les entreprises, voire créer des nouvelles avenues. C’est les aider à avoir une bonne pérennité. C’est des coûts la gestion des matières. Collectivement, c’est aussi envoyer encore trop de matières à l’enfouissement, matières qui sont encore des molécules tout à fait valorisables. Il y a aussi l’idée qu’en faisant des mélanges, on peut créer des nouveaux produits qui dans certains cas sont importés. Ça renvoie aussi aux enjeux de souveraineté et d’autonomie régionale.
Émilie : Merci beaucoup d’avoir partagé de votre temps dans le cadre de ce projet.
Yves Bernard : Merci beaucoup.
Émilie Dupont : Toujours un plaisir.
Émilie : Si vous aussi vous êtes intéressé à développer des projets d’impact, d’innovation et en collaboration, je vous invite à visiter le site internet de Prompt pour en savoir plus.